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Mgr BatutLe 23 novembre, j’ai eu la joie de participer avec plusieurs frères et sœurs de la Communion à la réunion de ce groupe qui, à la suite du père Jacques Nourissat, se retrouve chaque année depuis 2003 pour assurer un soutien pastoral aux fidèles divorcés, engagés ou non dans une nouvelle union.

 

Prêtres, diacres, laïcs engagés dans la pastorale familiale de leur diocèse, divorcés et divorcés remariés, nous étions plus de soixante-dix au foyer de Charité de Combs-la-Ville, accueillis par le père Bandelier, père du Foyer et conseiller spirituel général de la Communion ND de l’Alliance.
Le père Nourissat ne participe plus physiquement à ces réunions du fait de son état de santé et ce sont les pères Gérard Berliet et Eric Jacquinet qui coordonnent ces ateliers avec Marie-Pierre Martin, présente dans ce groupe depuis les premiers jours.
La journée fut l’occasion d’échanger des expériences pastorales diverses et d’entendre un enseignement du nouvel évêque auxiliaire de Lyon, Monseigneur Batut, que les anciens de la Communion connaissent bien puisqu’en 1999 « le Père Batut » a prêché notre retraite d’été à Poissy.

 


Quelle conversion pour quelle mission ?
C’est le titre de l’exposé du Père Batut sur les conversions que nous sommes appelés à vivre et à proposer dans cet accompagnement des divorcés engagés dans une nouvelle union.
La conversion concerne chacun de nous, les laïcs comme les pasteurs. Il s’agit de sortir de soi et de s’en remettre à un Autre, de remettre toute son histoire entre les mains de Dieu. Le Père Batut a cité à plusieurs reprises Jean-Paul II, en particulier quand il parle du « cheminement de croissance nécessaire ». Et c’est là, dans ce cheminement nécessaire de chaque chrétien, que se situe le rôle de l’Eglise.
Il y a un décalage entre ce que nous sommes appelés à vivre comme chrétiens et ce que vit le monde. Qui que nous soyons, nous vivons un « dissentiment » avec le monde qui nous entoure.
Le rôle de l’Eglise est de dire au monde : « Tu es plus que tu ne crois. »
Le Père Batut a énoncé deux points importants pour que l’Eglise aide chaque chrétien à cheminer. Ces points s’appliquent à tous et spécialement aux divorcés remariés :
- la loi de gradualité : le Christ me met sur un chemin de croissance pour que je le vive. La loi n’est pas graduelle, c’est le chemin qui, pour chacun, est graduel. Dieu est ambitieux avec les uns et les autres. La capacité à vivre la loi est donnée à tous. La miséricorde n’est pas postérieure à la loi. Le don de la loi est déjà un lieu de miséricorde. Le Christ me met sur un chemin de croissance mais « il me donne tout » dès aujourd’hui. Dieu ne dit pas « tu dois » sans dire « tu peux ».
- l’accompagnement : c’est le nœud du problème. Selon lui, il faudrait refuser toute demande ponctuelle et toujours proposer un accompagnement.
La demande ponctuelle de personnes divorcées qui veulent s’engager dans une nouvelle union est en effet en deçà de ce que Dieu veut nous donner. Il veut nous mettre sur un chemin qui conduit à la communion définitive avec lui.
Accompagner, c’est aussi proposer une conversion dans la durée : c’est la figure concrète de la présence de l’Eglise à mes côtés. Le Père Batut propose aux prêtres d’inviter les divorcés remariés à s’approcher de la confession régulièrement. Même si je n’ai pas accès au sacrement, j’ai toujours un lien avec le sacrement. Le prêtre peut me dire que je suis aimé de Dieu et m’écouter dans la relation que je vis avec le Seigneur.
A la suite de ce très bel exposé, des carrefours nous ont permis d’échanger sur nos expériences personnelles et pastorales.
Plusieurs groupes ont pu présenter les initiatives de l’année : une formation pour les prêtres et les diacres du diocèse de Chartres, un rassemblement à Grenoble autour du Père Berliet pour les mouvements de pastorale familiale, une session du Chemin Neuf (Cana-Samarie) qui a amené plusieurs couples de divorcés-remariés à faire la vérité sur leur mariage sacramentel dans la paix et la fraternité, l’accueil des couples divorcés et remariés dans les sessions « famille » de Paray-le-Monial.
Chacun a témoigné de la croissance spirituelle et de la joie des personnes qui ont pu participer à ces démarches.

Père BerlierNaissance d’une association
Avant de clore cette riche journée, le père Gérard Berliet nous a annoncé comment, après toutes ces années de recherche et de partage autour de cette pastorale, le petit groupe des Ateliers de Paris et Dijon vient de donner naissance à « Miséricorde et Vérité », une association au service de la pastorale des personnes divorcées et remariées.
Cette toute nouvelle association a plusieurs objectifs : organiser des sessions et des retraites, assurer la formation des diacres et des prêtres concernés, proposer des conférences grand public, des formations d’écoutants et d’accompagnants, produire des outils pédagogiques.
Elle veut aussi fédérer tous ceux qui souhaitent travailler dans un esprit de fidélité au Christ à l’intérieur de l’Eglise, le tout dans un dialogue avec l’institution ecclésiale.

 


Frères et sœurs en gradualité
Quelle belle journée nous avons vécu tous ensemble, membres de la Communion Notre-Dame de l’Alliance, pasteurs, laïcs, « ouvriers de la onzième heure », nous qui avons chacun notre expérience ! Expérience qui apparaît parfois tellement différente que l’on nous oppose… Pourtant, rien dans cette journée n’exprimait cette opposition. Au contraire, nous avons compris que nous sommes tous des frères, des sœurs, en chemin. « Des frères et sœurs en gradualité » comme nous l’a rappelé le Père Batut. Notre seul but est de grandir dans notre être chrétien et la miséricorde de Dieu est pour chacun de nous quand il nous dit : « Vous serez saints parce que je suis Saint. » (1 P 1, 16)