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Quelle conversion pour quelle mission ?
C’est le titre de l’exposé du Père Batut sur les conversions que nous sommes appelés à vivre et à proposer dans cet accompagnement des divorcés engagés dans une nouvelle union.
La conversion concerne chacun de nous, les laïcs comme les pasteurs. Il s’agit de sortir de soi et de s’en remettre à un Autre, de remettre toute son histoire entre les mains de Dieu. Le Père Batut a cité à plusieurs reprises Jean-Paul II, en particulier quand il parle du « cheminement de croissance nécessaire ». Et c’est là, dans ce cheminement nécessaire de chaque chrétien, que se situe le rôle de l’Eglise.
Il y a un décalage entre ce que nous sommes appelés à vivre comme chrétiens et ce que vit le monde. Qui que nous soyons, nous vivons un « dissentiment » avec le monde qui nous entoure.
Le rôle de l’Eglise est de dire au monde : « Tu es plus que tu ne crois. »
Le Père Batut a énoncé deux points importants pour que l’Eglise aide chaque chrétien à cheminer. Ces points s’appliquent à tous et spécialement aux divorcés remariés :
- la loi de gradualité : le Christ me met sur un chemin de croissance pour que je le vive. La loi n’est pas graduelle, c’est le chemin qui, pour chacun, est graduel. Dieu est ambitieux avec les uns et les autres. La capacité à vivre la loi est donnée à tous. La miséricorde n’est pas postérieure à la loi. Le don de la loi est déjà un lieu de miséricorde. Le Christ me met sur un chemin de croissance mais « il me donne tout » dès aujourd’hui. Dieu ne dit pas « tu dois » sans dire « tu peux ».
- l’accompagnement : c’est le nœud du problème. Selon lui, il faudrait refuser toute demande ponctuelle et toujours proposer un accompagnement.
La demande ponctuelle de personnes divorcées qui veulent s’engager dans une nouvelle union est en effet en deçà de ce que Dieu veut nous donner. Il veut nous mettre sur un chemin qui conduit à la communion définitive avec lui.
Accompagner, c’est aussi proposer une conversion dans la durée : c’est la figure concrète de la présence de l’Eglise à mes côtés. Le Père Batut propose aux prêtres d’inviter les divorcés remariés à s’approcher de la confession régulièrement. Même si je n’ai pas accès au sacrement, j’ai toujours un lien avec le sacrement. Le prêtre peut me dire que je suis aimé de Dieu et m’écouter dans la relation que je vis avec le Seigneur.
A la suite de ce très bel exposé, des carrefours nous ont permis d’échanger sur nos expériences personnelles et pastorales.
Plusieurs groupes ont pu présenter les initiatives de l’année : une formation pour les prêtres et les diacres du diocèse de Chartres, un rassemblement à Grenoble autour du Père Berliet pour les mouvements de pastorale familiale, une session du Chemin Neuf (Cana-Samarie) qui a amené plusieurs couples de divorcés-remariés à faire la vérité sur leur mariage sacramentel dans la paix et la fraternité, l’accueil des couples divorcés et remariés dans les sessions « famille » de Paray-le-Monial.
Chacun a témoigné de la croissance spirituelle et de la joie des personnes qui ont pu participer à ces démarches.