en Aquitaine

 

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départements :
24, 33, 40, 47, 64

G14 anne leuret

lieu de récollection :

 Abbaye Sainte Marie de Rivet

( hiver,printemps )

Abbaye de Belloc ( automne )

 Le Rivet, 33124 Auros

64240 URT

responsables :

  

 Anne LEURET

+33 (0)6 33 52 54 85

conseiller spirituel : 

 

 

 

Le 20 novembre, Anne et moi avons été accueillis par le nouvel archevêque de Bordeaux et de Bazas, depuis dix mois maintenant. Nous avons été dès les premiers instants touchés par sa simplicité et sa proximité à notre égard.

aquitaine adf 350

Ses premiers mots ont été de nous confier qu’il a connu nos fondateurs Anne-Marie et Paul, lui-même étant rennais et ordonné prêtre à Rennes. Il a suivi la vie de la Communion dans sa croissance et sa présence au sein de l’Eglise. À Nantes, il a prêché une récollection.

Il a eu connaissance de la rencontre de Bernadette, nantaise et modératrice dans les débuts de la Communion, qui était présente à Rome lors de la rencontre avec le Pape François. Monseigneur James est au fait que Bernadette avait également rencontré saint Jean-Paul II pendant son mandat de modératrice.

Comme nouveau pasteur à la tête du diocèse girondin, il se préoccupe de la place de la Communion en son sein. Nous nous sommes présentés ainsi que le groupe Aquitaine, avec la diversité de ses membres. Nous avons situé comment nous étions présents, via les relais de communication du diocèse, et notre place dans la préparation d’événements proposés par la pastorale familiale, comme le dernier festival des familles en 2019. Nous étions présents sous la tente Écoute et Accompagnement, pour mieux faire connaissance entre mouvements, notamment leur complémentarité et être plus visibles pour ceux ou celles qui sont venus à notre rencontre. 

Monseigneur James a trouvé signifiant le changement d’appellation SDF (Séparés divorcés fidèles) à MSF (Mariés séparés fidèles). Il s’entretient régulièrement avec Monseigneur Pierre d’Ornellas, qui lui donne des nouvelles de la Communion, comme la rencontre avec le Pape François à propos de notre relecture d’Amoris Laetitia ; le pape reconnaissant sa connaissance limitée d’un mouvement comme le nôtre, de sa spiritualité en lien avec le sacrement du mariage, de sa place dans l’église. 

Monseigneur James est informé des différentes parutions du livre Séparés, divorcés à cœur ouvert. La dimension fraternelle de notre mouvement est pour lui une orientation majeure à approfondir, à vivre en église et dans la société.

Nous lui avons suggéré que nous pourrions témoigner :

- lors de préparation au mariage. Un nouveau réseau d’accompagnateurs au plus près des lieux d’habitation est en train d’être mis en place. Une rencontre de notre mouvement avec l’abbé Bruno Maurel, nouveau référent de la pastorale familiale, nous permet de réfléchir à notre contribution à la formation de ces accompagnateurs

- lors de rencontres de prêtres. Limitées du fait de la crise sanitaire, peut-être lors de formations quand il sera à nouveau possible de se réunir ?

Notre témoignage, qui n’est pas toujours compris (comment est-ce possible de vivre la fidélité durablement en vivant seul ?), est une façon d’éclairer les inévitables difficultés dans la croissance d’un couple avant d’en arriver à la rupture conjugale, alors que la crise accompagnée peut être une occasion de grandir. Il nous a suggéré de nous rapprocher du CLER et de ses conseillers conjugaux qui accompagnent les couples en difficulté.

Monseigneur James nous a encouragés à continuer de tisser nos liens dans les paroisses où nous sommes présents, à y mettre des dépliants et à prendre contact avec l’officialité chargée de faire la vérité sur la validité du sacrement de mariage. 

Anne et moi, avons été reçus par un archevêque qui s’intéresse en vérité à ce que nous vivons et à ce que nous pouvons apporter au sein du diocèse.

Nous rendons grâce pour ce moment fraternel, d’écoute et d’encouragement pour être à notre place, des chrétiens engagés et missionnaires.

Anne et Vincent (Bordeaux) - Aquitaine

aquitaine 347 1Parmi les saints de notre région, saint Vincent-de-Paul (1581-1660), né dans une famille de paysans des Landes, est un exemple de vie donnée en temps de crise sanitaire, économique et spirituelle. 

Jean-Pierre Renouard, prêtre lazariste, nous introduit à sa spiritualité et à son action comme suit.

Vincent (Bordeaux) - Aquitaine

« Monsieur Vincent, géant de la charité, nous échappera toujours et ne se laissera pas appréhender facilement. Mais il nous dit avec son air malicieux de gascon : "le temps change tout". Alors, que nous dit-il, 350 ans après et toujours vivant ?

D’abord qu’il est un homme intérieur. Il est un être habité, ouvert au mystère trinitaire, en état de béance, complètement offert au Père, au Fils et à l’Esprit. Jour après jour, il se présente comme un homme d’oraison qui devient par le fait-même, capable de tout. La passion du Royaume l’habite et il se veut à la recherche de la grâce qu’il sait toujours à l’œuvre dans son propre cœur.

aquitaine 347 2Son action se trouve décuplée par la prière. Il sait qu’il ne peut rester les bras croisés et qu’il doit aimer Dieu "à la force de ses bras et à la sueur de son visage".

Son exemple préféré est le Christ lui-même qu’il revisite sous deux aspects préférentiels : le Missionnaire et le Serviteur. Il fait sien l’envoi du Christ de saint Luc : "Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres" (Luc 4, 18). Inlassablement il copie le Missionnaire du Père en se faisant lui-même apôtre sur le terrain. Qui le réduirait assis à un bureau, le trahirait et casserait son identité profonde : c’est un pasteur épris des brebis à rassembler. Il est aussi amoureux du Christ à genoux aux pieds de ses apôtres et se faisant l’exemple à suivre. Vincent court après le malheureux, le blessé de son temps et tous les petits méprisés et exclus. Toutes les formes de pauvreté l’accaparent et il invente pour eux les meilleures réponses du moment. Il donne la consigne dont il vit et qu’il reçoit de Jésus lui-même : "Tout ce que vous avez fait aux plus petits d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait" (Mt 25, 40).

Ainsi motivé par ce double regard complémentaire sur le Christ, il guette volontiers la volonté de Dieu qu’il essaye de vivre ensuite au rythme des événements et des personnes qui croisent sa vie. Il privilégie le Dieu Providence ; il aime aller à son pas et "courir aux besoins du prochain comme au feu". Il concilie les contraires parce qu’il se simplifie et s’unifie en Dieu.

aquitaine 347 3Il est profondément prêtre, fidèle au sacerdoce commun des fidèles, épris de son baptême, prêt à mourir à lui et à vivre déjà en ressuscité, pétris de vertus aux racines humaines, comme la simplicité, l’humilité, la douceur, la prudence ou l’ascèse. Il est un homme du réel. Il célèbre volontiers tout cela et la rencontre de ses amis les pauvres, dans son Eucharistie quotidienne, heureux d’être en état d’offertoire et d’action de grâce. Il ne vit que pour Dieu et le prochain.

Il rejoint tous les saints de la charité et devient le pionnier de l’inventivité et de la créativité. Son génie est de fédérer les énergies de bonne volonté et d’inventer une charité organisée et porteuse de l’Evangile. Il fonde les confréries de la Charité (aujourd’hui équipes saint-Vincent ou Association internationale des charités (A.I.C), la Congrégation de la Mission (Lazaristes), la Compagnie des Filles de la Charité avec sainte Louise de Marillac et, dans le temps, il inspirera le Bienheureux Frédéric Ozanam, heureux de mettre sa Société sous son patronage.

Son ardeur est légendaire. Il ouvre son cœur aux dimensions du monde et sa joie est d’envoyer des missionnaires à Madagascar et de mourir le regard déjà tourné vers la Chine. Son dernier clin d’œil est pour nous dire que la mission est universelle. »

Jean-Pierre Renouard, cm,
"Prier quinze jours avec saint-Vincent-de-Paul", Nouvelle Cité n° 52

Quelques paroles de Saint-Vincent de Paul aquitaine 347 4

« Cherchons à nous rendre intérieurs,
à faire que Jésus-Christ règne en nous. »

« Il y a deux choses à considérer,
non seulement de faire le bien,
mais ce bien-là, de le bien faire. »

« L’amour est inventif jusqu’à l’infini. »

« Faisons ses affaires, Il fera les nôtres. »

« Qu’est-ce qui fit que Dieu regarda la Vierge ?
Elle le dit elle-même : "c’est mon humilité". »

adf 343 aquitaineComment êtes-vous devenu le Conseiller spirituel du groupe "Aquitaine" de la Communion ?

« C’est tout d’abord la Providence qui m’a conduit à rencontrer et à connaître la Communion Notre-Dame de l’Alliance. Une récollection était prévue fin janvier 2015, et le prédicateur a eu un empêchement de "dernière minute". Christiane, qui était co-responsable de la Communion, a pensé par l’intermédiaire de sa fille Anne, à contacter les frères Carmes. Anne, en effet, fait partie à Bordeaux d’un groupe de prière de spiritualité carmélitaine, composé de jeunes étudiants, et animé par l’un de nos frères. 

Christiane a donc contacté notre prieur pour demander si un frère était disponible pour assurer cette récollection. Je me suis alors proposé. Je ne connaissais pas du tout la Communion Notre-Dame de l’Alliance auparavant. Cette retraite s’est très bien passée, si bien que près de deux mois plus tard, j’ai été sollicité par Christiane et Madeleine, en recherche d’un conseiller spirituel pour la Communion. Avec l’accord de mon prieur, j’ai répondu « oui ».

Qu’est-ce qui a motivé ce « OUI » ?

« Tout simplement parce que lors de cette récollection, j’ai été très vite, très touché par les membres de la Communion. J’ai entre aperçu en chacun une profondeur intérieure, et surtout aussi, ce qui m’a le plus marqué, c’est que j’ai perçu très nettement un appel très fort du Christ à vivre cette fidélité au sacrement de mariage et à leur époux ou leur épouse. Aujourd’hui, ce qui m’est donné de voir, ce n’est plus l’appel qui est là, mais la réalité de cette communion de frères et sœurs en Christ. L’attention, la délicatesse, le souci de l’autre, en prendre soin, s’intéresser à lui ; il y a une véritable fraternité, une communion, qui transparaît et qui rejaillit comme naturellement sur les nouveaux membres ».

Que pouvez-vous nous dire de plus sur ce groupe de la Communion Notre-Dame de l’Alliance ?

Ce qui favorise cette communion, c’est bien évidemment tout d’abord le Christ, son Esprit, qui en tisse les liens entre chacun. Les temps de partage en groupe, à chaque récollection, favorisent aussi cette communion et la renforcent. Ils permettent également l’intégration des nouveaux membres, c’est ce que j’ai constaté lors de cette première année passée avec ce groupe. Chacun apprend à se connaître, à s’écouter mutuellement, à intérioriser son parcours de vie, à le pacifier avec le temps pour avancer vers un chemin de réconciliation. Avec soi, déjà, en posant ce regard miséricordieux sur soi-même comme le Christ le pose sur chacun de nous. Cela nous permet de poser à notre tour un regard de miséricorde sur le conjoint, le regard du Christ Lui-même, qui ne cesse d’avoir pitié de nous : « Quand me reviendras-tu ? Quand reviendras-tu à la Source de la Vie, de la vraie Vie ? Je suis Ton Créateur et Ton Sauveur ».

Il y a dix jours, vous avez prêché une nouvelle récollection à l'abbaye Sainte-Marie-du-Rivet à Auros, en Gironde… Que leur avez-vous raconté ?

Pour la dernière récollection que nous avons vécue ensemble, les 7 et 8 mai derniers, nous avons traité le thème de l’année : « Tenir dans la vérité dans un monde contraire ». J’ai développé trois points :

Tout d’abord notre incapacité à « tenir », afin d’exposer quelque peu l’expérience carmélitaine qui, à un moment donné, se traduit par l’expérience d’un dépouillement intérieur, et parfois aussi extérieur, qui nous fait entrer dans une radicale dépendance vis-à-vis de Dieu : ne plus rien attendre de nous de bon. « Dieu seul est bon » disait Jésus au jeune homme riche. Tout attendre de notre Sauveur. Au Carmel, nos saints ont, pour la plupart, expérimenté une radicale indigence, qui fait aimer Dieu pour Lui-même et non pour ses dons. Si bien que l’on n’escompte pas « tenir » par soi-même, mais par Lui, tout attendre de Lui, et faire le petit peu que nous pouvons faire, qui nous est encore donné de faire par grâce. « Lever notre petit pied comme un petit enfant au bas d’un grand escalier, l’escalier de la perfection » disait la petite Thérèse ou « nous efforcer » disait la grande Thérèse. Ce sont les bras de Jésus, l’ascenseur des temps modernes de la petite Thérèse, qui nous font gravir cet escalier de la perfection, de l’amour et du pardon.

Ensuite, nous en avons tous fait l’expérience, c’est la prière qui nous permet de « tenir », comme Jésus nous le recommande : de veiller et de prier, comme il le fit lui-même avec insistance à Gethsémani priant aussi pour chacun de nous : « Simon, j’ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas ». Le Christ, afin que nous « tenions » dans le monde, a prié pour nous (prière sacerdotale Jn 17).

Notre Mère au Carmel, sainte Thérèse d’Avila, maîtresse d’oraison, définit la prière ainsi : « cet entretien d’amitié avec Celui dont nous nous savons aimés ». C’est une rencontre, un dialogue, il y a un « Je » personnel, et un « Tu », le Christ à qui je m’adresse et que je regarde en son humanité, à travers les mystères de sa vie publique.

Enfin, j’ai rappelé l’importance d’une communauté, nous ne pouvons être chrétien tout seul : un chrétien seul est en danger. A l’Annonciation, il faut remarquer que la Vierge Marie ne peut pas donner son fiat, son « oui » à l’ange Gabriel, sans qu’une communauté - ici le peuple d’Israël - ait reçu de Dieu par ses prophètes la promesse, l’espérance du Messie. Si bien que la Vierge Marie reçoit cette annonce non seulement de l’ange, mais aussi de son peuple par l’intermédiaire des prophètes qui proclamaient la venue du Messie. Une communauté, telle que la Communion Notre-Dame de l’Alliance, est aujourd’hui porteuse pour l’Eglise d’espérance, de paix, de réconciliation. Elle est aussi l’annonce de la présence de Dieu dans nos vies et de sa fidélité à l’égard de tous et pour toujours. « Je les guérirai de leur infidélité » disait le Seigneur par son prophète Isaïe ; c’est en son Fils, le Christ, une communauté rassemblée en son nom que s’accomplit, patiemment dans le secret, chaque jour pour chacun de nous cette guérison, cette réconciliation qui est témoignage et annonce de Paix pour tous nos contemporains.