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Après tous ces mois de confinements, de récollections annulées et de Zoom-parties, quelle joie de se retrouver à l’initiative de Marie Véronique et de Philippe sous l'accueillante tonnelle de Delphine, au milieu des fleurs. Certes le temps était frais en ce premier samedi de juin, mais le temps passant, on ne savait plus trop dire si nous nous réchauffions grâce aux produits de la terre généreusement partagés ou si la magie de notre groupe, une petite dizaine quand même, nous transformait doucement.

ADF 353 IdF 1 Je réalise que je suis le doyen (24 ans à la Communion) et que j'ai vu arriver chacun des membres de notre petit groupe. Cela pourrait m'attrister (je vieillis décidément beaucoup trop vite) mais finalement cela me réjouit : la relève est assurée ! 

Je connais bien (ou crois connaître) la plupart sauf Gwenaelle que je rencontre pour la première fois. Nous sommes tous si différents : combien de temps faudrait-il à un observateur attentif pour découvrir ce qui nous unit ? 

Me vient cette idée, que nous sommes tous d'humbles mais solides combattants. Malgré toutes nos fragilités, pas question de baisser les bras ou de se laisser porter par le courant. Certes, certains sont apparemment plus sereins (ou plus pudiques) que d'autres. Certaines m'épatent car je n'arrive pas à deviner quelles sont leurs faiblesses et elles me donnent l'impression d'avoir pris rapidement beaucoup d'avance sur le peloton. Cela n'entame en rien leur empathie mais donne une furieuse envie de les rattraper ! 

Après une oxygénante balade sur la mythique terrasse de la forêt de Saint-Germain, quatre d'entre nous participons à la messe anticipée du Saint-Sacrement. Curieuse, cette impression de me retrouver "en famille". 

ADF 353 IdF 2ADF 353 IdF 3Dans son homélie, le prêtre nous rappelle opportunément le lien entre l'Eucharistie et le célibat sacerdotal. J'effectue mentalement la transposition de ce lien sacré avec celui qui relie l'Eucharistie avec notre fidélité conjugale malgré la privation de toute eucharistie charnelle. 

Le refrain du cantique de Communion m'éclaire soudain : « Prenez et mangez, ceci est mon corps, Prenez et buvez, voici mon sang ! Ouvrez vos cœurs ! Vous ne serez plus jamais seuls : Je vous donne ma vie. »

À notre petite échelle de pauvres pécheurs blessés, c'est exactement, ce que nous avons fait. Nous avons partagé le pain et le vin (et beaucoup plus.....les gâteaux de Delphine ont quelque chose qui relève du divin). Nous avons (entr)ouvert nos cœurs meurtris, plus ou moins bien cicatrisés. Nous nous sommes réchauffés et réconfortés en partageant le sang des défaites et les grâces des victoires sur le chemin tracé par Celui qui fait vivre... et revivre.

Pierre-Yves (Courbevoie) et Yves (Paris) – Ile-de-France (Poissy)

PS : Au titre de ma vénérable ancienneté, je me dois d'être un zélé gardien du "temple", et à ce titre, je constate qu'il n'est pas toujours perçu par les plus jeunes que notre appartenance à la Communion suppose quelques engagements inscrits dans nos statuts. Pour des raisons personnelles, deux d'entre eux me tiennent plus particulièrement à cœur : La fraternelle Prière des Foyers du vendredi et l'article 10 des statuts que je vous laisse le soin d'aller (re)découvrir. Avec 24 ans de recul, je me dis, qu'en ce qui me concerne, il y a parfois des évidences qui méritaient de m'être dites... et redites.