Témoignages

Pau, le 13 juillet 2020 

Notre-Dame du Laus, le 7 août 2020 

Que soit loué notre Seigneur, Jésus Christ ! 

S'il était vraiment loué, nous n'en serions pas là ...

ADF 348 Tereza Wozny AquitaineJe commencerai par me présenter brièvement : je m'appelle Teresa Wozny, je suis d'origine polonaise, je vis en France (où nous étions venus demander l'asile politique) depuis plus de trente ans. 

Je me suis mariée jeune, à vingt ans à peine. L'histoire de mon mariage est compliquée et douloureuse ; je ne vais pas rentrer dans les détails. J'ai perdu deux grossesses, et ensuite nous avons eu quatre enfants, dont deux sont nés en Pologne et deux en France. 

Dans l'histoire de notre couple tout était réellement difficile depuis le début, et je ne peux (ni veux) en parler. Je crois que Dieu met sur notre chemin des situations et des personnes qui peuvent nous aider à avancer sur ce chemin difficile vers la sainteté... Mon mari était très certainement une telle personne pour moi ... Et moi pour lui ...

Je connais l'enseignement de l'Eglise au sujet du mariage et de la famille. J'ai lu le texte de Karol Wojtyła « Amour et Responsabilité » dans mes années de lycée ...

Dans ma tête, le divorce n'était jamais une « solution », je croyais possible la « reconstruction », ou plutôt la « construction » de notre couple. A un certain moment je me suis rendu compte que la situation était devenue invivable. Non pas difficile, mais impossible à vivre. Cela ne se voyait pas depuis l'extérieur, nous passions pour un couple heureux. Dans la réalité c'était l'opposé ...

Les problèmes étaient trop profonds, trop généralisés, trop personnels ... Il n'y avait aucune communication entre nous. 

Il y avait des pathologies graves dans tous les domaines de notre vie, mais là où cela rendait la vie commune matériellement impossible, c'était le problème de finances, de surendettement. J'ai finalement capitulé et, au bout de trente-cinq ans de mariage, ne voyant absolu- ment pas de solutions à nos multiples problèmes, en ayant longuement, activement cherché de l'aide, j'ai demandé le divorce. 

Je sais depuis toujours, que moi aussi, je porte ma grande part de responsabilité dans l'histoire de notre mariage... J'ai plusieurs fois eu tort, j'ai commis des péchés (depuis longtemps regrettés, confessés et pardonnés...), j'ai fait des erreurs ... Au début je ne comprenais pas bien la réalité, j'ai fait des mauvais choix, ou bien je refusais de voir, ou de discerner correctement ... très certainement je ne priais pas assez ... la prière m'aurait décentrée de moi-même. 

De toute évidence, je n'avais pas (ni dans le passé ni maintenant) la moindre intention de « refaire ma vie » avec qui que ce soit d'autre. 

Suite au divorce (pas la séparation simple, au vu des complications potentielles résultant du fait d'habiter dans deux pays différents), mon mari est rentré en Pologne. Il ne s'est vraiment jamais senti à l'aise en France, quoique notre émigration a eu lieu de son initiative. Très rapidement j'étais dirigée, par mon confesseur, vers la Communion. Il m'est impossible d'exprimer l'importance du soutien spirituel que m'a donné la Communion. J'espère d'avoir contribué un peu et apporté ma part, en tant que membre, et ensuite co-responsable du groupe Aquitaine. 

A un certain moment, en suivant les conseils d'un autre confesseur (lui-même défenseur du lien conjugal et juge dans l'officialité), j'ai commencé les démarches pour examiner la validité de notre sacre- ment. Ensuite j'ai renoncé à ces démarches. Donc, pour l'Eglise, tant que le mariage n'est pas déclaré contracté d'une façon invalide, il est considéré valide ... Le mien est donc considéré valide. 

Depuis des années, je vais régulièrement en Pologne. L'an dernier, sans aucune raison, j'ai décidé d'y aller une seconde fois (chose inhabituelle, surtout après y être allée trois mois plus tôt pour le mariage de notre fils), pour voir la famille. 

Nos deux fils vivent en Pologne, nos deux filles en France ... J'ai appris que mon mari était hospitalisé. Par coïncidence, sans aucun rapport, quelques jours plus tard, on a hospitalisé aussi mon beau-frère, 

handicapé mental grave, dont je m'occupais pendant 6 ans ...

A une époque, pendant quelques années, je m'occupais en même temps de ma mère âgée, et de ma belle-mère, qui souffrait de la maladie d'Alzheimer et de Parkinson, et était alitée, et de mon beau-frère. 

Nos mamans sont décédées à la maison, à quelques années d'intervalle, et sont enterrées dans mon village, en Béarn ... J'ai de bons souvenirs de cette période. Ma vie, remplie à ras-bord, avait certainement un sens ! 

En septembre j'ai téléphoné à mon mari pour demander pardon pour toutes les situations où j'avais été mauvaise épouse pour lui. Aujourd'hui je suis heureuse de l'avoir fait. 

Entre le moment donc où j'ai pris mes billets d'avion, et celui où j’ai atterri en Pologne, mon beau-frère est décédé à l'hôpital. Je ne l'ai pas vu, mais les dates me permettaient au moins d'être présente à ses funérailles. Je l'aimais beaucoup ...

A mon arrivée dans notre ville natale, je suis tout de suite allée voir mon mari à l'hôpital. Dans les cinq minutes qui ont suivi mon entrée dans sa chambre, il m'a dit qu'il m'aimait et qu'il était allé se confesser ... Je crois que l'avant-dernière fois remontait à quelques décennies  ...

Nous avons passé trois jours très paisiblement, dans la sérénité, bonne humeur, en étant heureux d'être ensemble. La première fois depuis bien longtemps... Je suis allée demander pour lui le Sacrement des Malades, au prêtre aumônier de l'hôpital. 

En ces jours-là, je récitais le chapelet en boucle. 

Nous avons discuté dans la paix, la joie ... A un certain moment j'ai entendu mon mari dire : « et si je ne sortais pas (vivant) d'ici ... » Mais nous n'avons pas parlé de sa maladie. 

Il ne m'a dit aucun détail, je ne posais pas de questions. Pour le personnel de l'hôpital, je n'étais pas la personne à informer. 

J'ai aussi fait la toilette complète de mon mari, j'ai changé ses vêtements, j'ai fait changer les draps de lits ... absolument heureuse de pouvoir le faire. 

Le troisième jour de ma visite, le soir, en sortant de l'hôpital, pour aller chez mon frère, j'ai pu, enfin, avoir les détails du diagnostic, par notre ami chirurgien. C'était le cancer en phase terminale : poumons, moelle osseuse, des métastases partout ...

Le lendemain matin, à six heures, le jour de la messe des obsèques de mon beau-frère, j'ai reçu un appel téléphonique : mon mari venait de décéder. Plus tard des amis m'ont dit qu'il avait attendu ma venue ...

C'était un temps de grâce, sans aucun doute un apaisement indicible, je ne pourrais jamais assez remercier le Seigneur ... je vous souhaiterais, à vous tous, de vivre un tel moment avant le départ du premier ...

Cela ne veut pas dire que nos problèmes n'avaient pas existé, mais cela permet d'envisager l'éternité dans la paix ... Ensuite, avec nos enfants, la famille et les amis, nous avons fait célébrer plusieurs messes à son (à leur = des deux frères) intention. 

Je crois fermement que mon époux veille maintenant sur moi et les enfants ... La vie continue. 

Donc : mon beau-frère est décédé fin octobre, mon mari début novembre, et en janvier ma maison a entièrement brûlé. (Je profite de l'occasion pour vous remercier, encore une fois, pour vos prières et l'aide matérielle.) 

Je suis vivante, mes enfants sont là, j'aurai un troisième petit enfant en novembre, on avance avec mon assurance pour la maison ... J'ai encore quelques années de travail avant de prendre ma retraite (je suis traducteur-interprète à la Cour d'Appel de Pau, professeur de langues et guide touristique à Lourdes). 

Je suis aussi catéchiste depuis 17 ans et j'anime un groupe de la Prière des Mères ... chez moi. 

Merci ô Seigneur ! de m'avoir guidée vers la Communion, merci à vous tous pour ce que nous vivons ensemble ! 

J'ai beaucoup reçu et je demande pardon pour ce que j'ai fait de pas « comme il faut », ou ce que je n'ai pas fait du tout. Anne a la liste de mes boulettes, longue mais pas exhaustive ! 

Je vais continuer de prier la Prière des Foyers et la prière à St Joseph, ce que je fais quotidiennement depuis ma toute première récollection à Belloc. 

Je reste confiante dans la protection de la Reine des Veuves (ce n'est pas son nom officiel), de la Reine des Epouses et des Fiancées ! 

Je vais vous dire mon secret, ne le répétez à personne ! J'ai compris, je sais que je suis la fille bien-aimée de Dieu ! 

Merci pour votre attention ! Allez, bonne continuation à la Communion Notre-Dame de l'Alliance ! Glorifions Dieu par notre vie ! 

Teresa Wozny - AQUITAINE 

Nous avons vécu des épreuves dans notre vie, épreuves qui ont pu nous édifier, ou qui ont pu nous abattre.

A l’origine de l’épreuve qui nous a amenés à rejoindre la Communion, il y a notre mariage, que nous avons voulu et choisi en pleine liberté. Mais avions-nous notre pleine liberté pour cette décision ?

Cela nous amène à la question essentielle : comment exercer sa liberté et accepter le plan de Dieu pour nous ?

Quelle liberté ? Avons-nous la capacité de discerner ce qui sera le meilleur pour nous ? Notre seul et propre discernement ne suffit pas à nous guider de façon sûre. 

temoignage 347 3Si nous devons effectuer un choix, allons-nous être complètement libres de notre décision ? Nos sens nous incitent à choisir ce qui nous fera plaisir, nos désirs profonds nous incitent à assouvir telle ou telle addiction, plus ou moins forte, la mode du moment, peut-être à notre insu, nous fera choisir la voie promue par la société ou les thèmes en vogue, notre intelligence nous orientera vers le choix raisonnable, notre histoire nous invitera à perpétrer les conséquences d’une blessure non surmontée… Que d’écueils à éviter ! 

Combien ont eu à déplorer un choix malheureux, qui a eu des conséquences contraires à l’intention de départ ? Notre liberté nous a entrainés à assumer une situation difficile, incompréhensible, qui a presque remis en question notre confiance en nous. Et pourquoi pas notre foi ?

Nous regrettons notre choix, ayant l’impression que tout est joué, et que nous avons perdu l’occasion.

Mais Dieu est à nos côtés, il veille, il "sur-veille". Si nous sommes attentifs, il nous envoie d’autres signes, des portes s’ouvrent, son Esprit Saint nous accompagne et nous permet toujours de répondre à son appel, quel qu’il soit. Si nous ratons l’occasion, son amour nous dessinera d’autres portes de sortie. Les Psaumes nous le rappellent :

« Quand le Seigneur conduit les pas de l’homme, ils sont fermes et sa marche lui plait. S’il trébuche, il ne tombe pas, car le Seigneur le soutient de sa main. » (Ps 37, 23-24)

Comment Dieu me guide-t-il ? C’est une question qui est abordée au cours des parcours Alpha Classic et qui passionne souvent les débats entre les participants, chacun relisant sa vie différemment.

temoignage 347 5En revisitant notre vie, nous pouvons retrouver les moments où le Seigneur nous a ouvert des portes. Sachons reconnaître les actions de Dieu dans notre vie pour apprendre à nous mettre à son écoute, afin de suivre sa volonté et accepter son plan pour nous. Il ne veut que le meilleur, qui nous permettra d’atteindre « le terme attendu de la vie, la béatitude » (saint Grégoire de Nysse).

Ainsi, devons-nous nous laisser transformer, comme saint Paul sur le chemin de Damas, lorsqu’il retrouve Ananie qui lui rend la vue, « Aussitôt tombèrent de ses yeux comme des écailles, et il retrouva la vue » (Actes 9, 18). Laissons tomber nos écailles qui nous aveuglent, sachons regarder l’évidence de l’action de Dieu dans notre vie et suivons ses chemins, ils nous permettront d’accomplir notre mission sur Terre. 

Didier (Châteauneuf-de-Galaure) -

temoignage 347 1

Divorcée, membre de la Communion Notre-Dame de l’Alliance*, Pauline S. raconte son chemin de pardon, encore en construction. Et découvre une paix profonde.

« Oui, la paix peut se gagner. C’est un combat intérieur que l’on choisit chaque jour. Avant d’entrer dans une démarche de pardon qui mène à la paix, il y a souvent plusieurs étapes. Après ma séparation, j’ai vécu un état de profond désespoir, puis de colère. J’étais emmurée dans ma souffrance, le cœur fermé, incapable d’en sortir, d’entrer dans l’acceptation et l’abandon de cette blessure à Dieu. Ma « fausse paix », c’était de rester inactive. Or, la paix ne se trouve pas dans la fuite. Il faut du temps pour le réaliser. Récemment, à la messe, je me suis dit "tu ne peux continuer de communier sans ouvrir ton cœur. Tu dois t’y mettre".

temoignage 347 2Attention, je ne dis pas que j’y arrive parfaitement, mais je suis attentive à cette cohérence chrétienne. Et je ne peux pas le faire avec mes seules forces. D’autant que le pardon n’est jamais acquis. Même si cela n’enlève pas la douleur, je réalise maintenant que je suis dans la paix grâce à ce travail de pardon qui s’installe en moi et qui porte ses fruits dans mes relations familiales, en créant des ponts. Dès que le trouble revient, je redescends au plus profond de mon cœur pour déposer à Dieu mon fardeau. Et Lui me fait don de sa paix. Alors qu’auparavant, j’étais comme enfermée, je redeviens vivante. »

Pauline (Rueil) – Ile-de-France-Montmartre

* Cette association catholique réunit des personnes séparées ou divorcées, restant fidèles au sacrement de leur mariage